Animalités et perspectives animales
Avec Caroline Audibert, Pierre Olivier Dittmar, Adrien Lucca, Thibault de Meyer.
La perception permet aux êtres vivants d’agir de façon adaptée à leur milieu et les animaux sont plus spécifiquement capables d’adaptations sensorielles étonnantes. Quels sens sont mis à contribution dans le monde animal ? Et si nous multiplions les perspectives par-delà les espèces ?
Au cours de cet échange, nous remonterons au Moyen-Âge pour questionner la notion d’animalité et comprendre comment elle est née. Puis nous ferons pousser nos oreilles et aiguiserons nos sens pour tenter une expérience de décentrement du point de vue animal et ainsi penser autrement les relations entre les êtres, humains ou non-humains.
Avec :
Caroline Audibert, poursuit une œuvre écopoétique dans la veine de la non-fiction et du nature writing. Philosophe de formation, journaliste, elle est notamment l’auteur de Des loups et des hommes (Plon, “Terre humaine”, 2018, prix 30 millions d’amis) et du roman Nés de la nuit (Plon, 2020, finaliste du prix Roblès, prix Pauline de Simiane, Prix de Valognes) dans lequel elle expérimente “la langue fauve”.
Elle rabordera la question de l’exploration du point de vue animal, l’expérience du décentrement à travers l’invention d’une langue : la langue fauve, une tentative existentielle. L’écriture, les arts peuvent-ils quelque chose pour le statut de l’animal sauvage, pour sa considération ? Dans les rapports prédateurs-proies : le loup, un élément déterminant du cycle du vivant, la promesse de la longévité des forêts. Sa nouvelle publication s'intitule Les Audionautes (Actes Sud, Mondes sauvages, octobre 2025).
Pierre-Olivier Dittmar, historien, maître de conférences à l'EHESS, membre du Groupe d'Anthropologie Historique de l'Occident Médiéval (GAHOM).
Ses travaux portent sur les interfaces avec les non-humains au cours d’un long Moyen Âge, qu’il s’agisse des animaux, des invisibles, ou des artefacts. Sa nouvelle publication en cours, L’invention de l’animal. Essai d’anthropologie médiévale (Gallimard - Bibliothèque des illustrée des histoires, 2026), questionne : quand a-t-on commencé à diviser le monde en deux, avec d’un coté l’animal et de l’autre l’homme? Au cœur de la période médiévale se met en place toute une série de rapports aux animaux qui conditionnent aujourd’hui encore notre rapport au monde.
Adrien Lucca, artiste et enseignant expert de la couleur interveindra sur "The Colors of Flowers in a Moth's Night".
Lors d’une résidence en 2024 chez Gluon à Bruxelles, il a étudié la vision de Deilephila elpenor, un animal célèbre pour distinguer les couleurs sous la seule lumière des étoiles. Avec seulement quelques milliers de photons par seconde atteignant sa rétine, il perçoit encore les couleurs de son environnement. C’est un témoin idéal de la pollution lumineuse Il explore les couleurs florales vues par ce papillon, un phénomène encore insuffisamment étudié par la biologie contemporaine dans son exposition "À l'aube du crépuscule" visible chez LMNO Gallery pendant le festival.
Thibault de Meyer, philosophe, professeur au Département de philosophie de l'Université de Namur, Membre du Research institute Espace philosophique de Namur.
Son ouvrage Qui a vu le zèbre, l'invention de la perspective animale (Les liens qui libèrent, 2024) trame une vaste toile reliant de multiples images perspectivistes, tant anciennes que récentes. Il déploie sous nos yeux et pour nos sens un perspectivisme enrichi qui nous incite à penser tout autrement les relations entre les êtres, humains ou non-humains.

Intervenant·e·s
- Pierre-Olivier Dittmar, historien, maître de conférences à l'EHESS, auteur de "L’invention de l’animal. Essai d’anthropologie médiévale" (Gallimard, Bibliothèque des illustrée des histoires, 2026)
- Thibault de Meyer, philosophe, professeur au Département de philosophie de l'Université de Namur
- Caroline Audibert, journaliste et auteure de "Les Audionautes" (Actes Sud, Mondes sauvages, octobre 2025)
- Adrien Lucca, artiste (exposition "À l'aube du crépuscule", LMNO Gallery)
Modérateurs·ices
- Emmanuelle Nizou
Horaires
10h30-13h30 (3h, avec pause de 30 min.)Lieu
Public
Langue
Tarifs
- Billet 5€ - Tarif plein
- Billet 3€ - Tarif réduit
- Étudiant-e-s - Gratuit sans réservation, dans la limite des places disponibles sur place





